lundi 14 janvier 2008
Chengdu, 14 janvier
Par Massimo Schuster, lundi 14 janvier 2008 à 23:34 :: CHINE 2008

Moine au monastère de Wenshu, Chengdu
La rencontre avec Monsieur Ge Honglin, maire de Chengdu, a été un grand moment. Cela ne dira sans doute rien aux moins de quarante-cinq ans, mais j'ai eu l'impression de revivre — de l'intérieur cette fois-ci — la première rencontre entre Nixon et Mao, dans les années 70, à la seule et notable différence près que les costumes à col rond des notables chinois avaient laissé la place à des costards de marque. Mais pour le reste, tout y était : les larges fauteuils couverts de napperons blancs, les traducteurs (un chacun) assis derrière les fauteuils, les dignitaires installés sur les côtés (huit pour le maire, deux pour moi, le président et la vice-présidente d'UNIMA-Chine). Et je ne résiste pas à la tentation d'établir la liste complète des dignitaires de la mairie, telle qu'elle m'a été remise : outre le maire, déjà cité, il y a M. He Huazhang, Vice mayor of Chengdu Municipality, M. Mao Zhixiong, Secretary general of general office of Chengdu municipal government, M. Qiu Haiming, Director of Chengdu Culture Bureau, M. Zhu Shuxi, Director of Chengdu Culture Bureau, Madame Liu Shuhua, Deputy Director of ChengduConference & Exhibition Office et enfin M. Wang Yi, President of Chengdu Museum. Rien à dire, je suis honoré.
Le maire est très professionnel : on m'avait annoncé une rencontre d'une demi-heure, l'affaire est réglée en 27 minutes montre en main, sans le moindre coup d'œil visible à une quelconque horloge. Tout est dit, des petits cadeaux sont échangés, au revoir et merci.
Puis, comme mon avion pour Hong Kong doit partir tout de suite après, Madame Sally Xiong, Deputy Division Chief, Chengdu Municipal Foreign Affairs Office, Protocol and Information Division, m'accompagne à l'aéroport et me met dans les mains de deux charmantes hôtesses (dont une semble être la sœur cadette de Gong Li) qui s'empressent de me faire passer par l'entrée VIP. Au check-in, évidemment prioritaire, mon billet est surclassé d'office et il ne me reste plus qu'à suivre mes hôtesses dans la salle d'attente des premières classes. La vie est belle.
Mais revenons en arrière. La journée avait commencé par une petite conversation avec l'interprète dans le hall de l'hôtel.
Question : "Où va-t-on ce matin ?"
Réponse : "On va vous montrer le temple de Wenshu, vieux de mille quatre cents ans".
Question (sournoise et un peu vache) : "A-t-il été détruit pendant la révolution culturelle ?"
Réponse (souriante) : "Il a mille quatre cents ans".
Question (un peu plus vache que tout à l'heure) : "Oui, mais a-t-il été détruit et reconstruit ?"
Réponse (gênée et fuyante) : "Tous les temples en Chine ont été détruits lors de plusieurs guerres et toujours reconstruits".
Question (insistante) : "Et celui-ci a été détruit aussi pendant la révolution culturelle ?"
Réponse (hésitante et presque en apnée) : "Oui".
Question (très vache) : "Il est donc tout neuf ?"
Réponse (alors que souffle un vent de panique) : "…" (sourire énigmatique).
Comme tous les temples bouddhistes, celui de Wengshu est en fait un vaste complexe comprenant plusieurs temples, un monastère, un salon de thé, un restaurant, une pagode, une librairie et un magasin de babioles, des aires de jeu, etc. Des gens passent, prient, font de la couture, boivent du thé, jouent au badminton, se promènent. Il y a une atmosphère détendue et souriante. Mes différents accompagnateurs finissent tous par faire des petits gestes dévotionnels. Bien qu'obligatoirement membres du parti, ils ne semblent pas tout à fait penser que la religion est l'opium des peuples. Nous déjeunons une fois encore excellemment au restaurant végétarien du monastère, puis le moment est venu d'aller rencontrer le maire (voir plus haut).
Hong Kong. Je n'ai qu'un soir ici. Simon m'emmène dîner dans un petit restaurant indien, très bon, puis nous partons nous promener, sur la baie d'abord, puis dans les ruelles du petit marché de nuit autour de Temple street. Quelle ville étonnante ! Les gens semblent vivre les uns sur les autres, dans des espaces exigus. Cela tient du cauchemar, il n'y a pas de doute, et en même temps il y a un certain charme, qui surgit ici et là, d'un regard, d'une cour, d'une cuisine. Étonnant. Je sais que je n'ai pas le temps de penser. Je me promène, je regarde, je photographie. Je reviendrai peut-être un jour. Je l'espère.

Dans le métro de Hong Kong

Fortuneteller, quartier de Temple street

Publicité qui peut toujours servir

Chanteuse de rue avec ivrogne








































