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  <title>Massimo Schuster Blog</title>
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  <title>Chengdu, 14 janvier</title>
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  <issued>2008-01-14T23:34:18+00:00</issued>
  <modified>2008-01-14T23:34:18+00:00</modified>
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  <author><name>Massimo Schuster</name></author>
  <dc:subject>CHINE 2008</dc:subject>
  <summary>Moine au monastère de Wenshu, Chengdu



La rencontre avec Monsieur Ge Honglin, maire de Chengdu, a été un grand moment. Cela ne dira sans doute rien aux moins de quarante-cinq ans, mais j'ai eu...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/CHINE 08/Chine20.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Moine au monastère de Wenshu, Chengdu&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La rencontre avec Monsieur Ge Honglin, maire de Chengdu, a été un grand moment. Cela ne dira sans doute rien aux moins de quarante-cinq ans, mais j'ai eu l'impression de revivre &amp;#8212; de l'intérieur cette fois-ci &amp;#8212; la première rencontre entre Nixon et Mao, dans les années 70, à la seule et notable différence près que les costumes à col rond des notables chinois avaient laissé la place à des costards de marque. Mais pour le reste, tout y était&amp;nbsp;: les larges fauteuils couverts de napperons blancs, les traducteurs (un chacun) assis derrière les fauteuils, les dignitaires installés sur les côtés (huit pour le maire, deux pour moi, le président et la vice-présidente d'UNIMA-Chine). Et je ne résiste pas à la tentation d'établir la liste complète des dignitaires de la mairie, telle qu'elle m'a été remise&amp;nbsp;: outre le maire, déjà cité, il y a M. He Huazhang, &lt;em&gt;Vice mayor of Chengdu Municipality&lt;/em&gt;, M. Mao Zhixiong, &lt;em&gt;Secretary general of general office of Chengdu municipal government&lt;/em&gt;, M. Qiu Haiming, &lt;em&gt;Director of Chengdu Culture Bureau&lt;/em&gt;, M. Zhu Shuxi, &lt;em&gt;Director of Chengdu Culture Bureau&lt;/em&gt;, Madame Liu Shuhua, &lt;em&gt;Deputy Director of ChengduConference &amp;amp; Exhibition Office&lt;/em&gt; et enfin M. Wang Yi, &lt;em&gt;President of Chengdu Museum&lt;/em&gt;. Rien à dire, je suis honoré.
Le maire est très professionnel&amp;nbsp;: on m'avait annoncé une rencontre d'une demi-heure, l'affaire est réglée en 27 minutes montre en main, sans le moindre coup d'&amp;#339;il visible à une quelconque horloge. Tout est dit, des petits cadeaux sont échangés, au revoir et merci.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Puis, comme mon avion pour Hong Kong doit partir tout de suite après, Madame Sally Xiong, &lt;em&gt;Deputy Division Chief, Chengdu Municipal Foreign Affairs Office, Protocol and Information Division&lt;/em&gt;, m'accompagne à l'aéroport et me met dans les mains de deux charmantes hôtesses (dont une semble être la s&amp;#339;ur cadette de Gong Li) qui s'empressent de me faire passer par l'entrée VIP. Au check-in, évidemment prioritaire, mon billet est surclassé d'office et il ne me reste plus qu'à suivre mes hôtesses dans la salle d'attente des premières classes. La vie est belle.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais revenons en arrière. La journée avait commencé par une petite conversation avec l'interprète dans le hall de l'hôtel.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Question&amp;nbsp;: &quot;Où va-t-on ce matin ?&quot;&lt;br /&gt;
Réponse&amp;nbsp;: &quot;On va vous montrer le temple de Wenshu, vieux de mille quatre cents ans&quot;.&lt;br /&gt;
Question (sournoise et un peu vache)&amp;nbsp;: &quot;A-t-il été détruit pendant la révolution culturelle ?&quot;&lt;br /&gt;
Réponse (souriante)&amp;nbsp;: &quot;Il a mille quatre cents ans&quot;.&lt;br /&gt;
Question (un peu plus vache que tout à l'heure)&amp;nbsp;: &quot;Oui, mais a-t-il été détruit et reconstruit ?&quot;&lt;br /&gt;
Réponse (gênée et fuyante)&amp;nbsp;: &quot;Tous les temples en Chine ont été détruits lors de plusieurs guerres et toujours reconstruits&quot;.&lt;br /&gt;
Question (insistante)&amp;nbsp;: &quot;Et celui-ci a été détruit aussi pendant la révolution culturelle ?&quot;&lt;br /&gt;
Réponse (hésitante et presque en apnée)&amp;nbsp;: &quot;Oui&quot;.&lt;br /&gt;
Question (très vache)&amp;nbsp;: &quot;Il est donc tout neuf ?&quot;&lt;br /&gt;
Réponse (alors que souffle un vent de panique)&amp;nbsp;: &quot;&amp;#8230;&quot; (sourire énigmatique).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comme tous les temples bouddhistes, celui de Wengshu est en fait un vaste complexe comprenant plusieurs temples, un monastère, un salon de thé, un restaurant, une pagode, une librairie et un magasin de babioles, des aires de jeu, etc. Des gens passent, prient, font de la couture, boivent du thé, jouent au badminton, se promènent. Il y a une atmosphère détendue et souriante. Mes différents accompagnateurs finissent tous par faire des petits gestes dévotionnels. Bien qu'obligatoirement membres du parti, ils ne semblent pas tout à fait penser que la religion est l'opium des peuples. Nous déjeunons une fois encore excellemment au restaurant végétarien du monastère, puis le moment est venu d'aller rencontrer le maire (voir plus haut).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Hong Kong. Je n'ai qu'un soir ici. Simon m'emmène dîner dans un petit restaurant indien, très bon, puis nous partons nous promener, sur la baie d'abord, puis dans les ruelles du petit marché de nuit autour de Temple street. Quelle ville étonnante&amp;nbsp;! Les gens semblent vivre les uns sur les autres, dans des espaces exigus. Cela tient du cauchemar, il n'y a pas de doute, et en même temps il y a un certain charme, qui surgit ici et là, d'un regard, d'une cour, d'une cuisine. Étonnant. Je sais que je n'ai pas le temps de penser. Je me promène, je regarde, je photographie. Je reviendrai peut-être un jour. Je l'espère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/CHINE 08/Chine21.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Dans le métro de Hong Kong&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/CHINE 08/Chine22.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Fortuneteller&lt;/em&gt;, quartier de Temple street&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/CHINE 08/Chine23.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Publicité qui peut toujours servir&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/CHINE 08/Chine25.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Chanteuse de rue avec ivrogne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Chengdu, 13 janvier</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.arc-en-terre.org/blog/index.php?2008/01/13/148-chengdu-13-janvier" />
  <issued>2008-01-13T23:24:00+00:00</issued>
  <modified>2008-01-13T23:24:00+00:00</modified>
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  <author><name>Massimo Schuster</name></author>
  <dc:subject>CHINE 2008</dc:subject>
  <summary>Panda géant faisant le malin en compagnie d'une touriste gantée



De notoriété publique je suis ce qu'on appelle un chieur, appellation lapidaire normalement employée par ceux qui acceptent sans...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/CHINE 08/Chine17.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Panda géant faisant le malin en compagnie d'une touriste gantée&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;De notoriété publique je suis ce qu'on appelle un chieur, appellation lapidaire normalement employée par ceux qui acceptent sans broncher de se laisser pourrir la vie par un tas de petits détails stupides vis-à-vis de ceux qui ne l'acceptent pas. Ces derniers sont des êtres très différents&amp;nbsp;: un chieur, un vrai, refusant courageusement de se laisser pourrir la vie par un tas de petits détails stupides, se la pourrit lui-même par son refus constant de se la laisser pourrir par autrui (il sera peut-être nécessaire de relire cette dernière phrase&amp;#8230;). Exemple&amp;nbsp;: pourquoi diable dans un hôtel cinq étoiles &amp;#8212; car telle est la quantité d'astres fièrement affichés par le prestigieux hôtel Jinjiang, qui m'accueille &amp;#8212;, pourquoi diable, disais-je, les couteaux du petit-déjeuner doivent-ils avoir le manche qui pivote sur lui-même de 90°, de sorte à les rendre si désagréables à utiliser&amp;nbsp;? Pourquoi ce même petit-déjeuner doit-il être accompagné d'une musique à deux balles crachée par des baffles auxquelles il est impossible d'échapper&amp;nbsp;? Pourquoi encore et toujours, j'insiste, dans un hôtel cinq étoiles, y a-t-il des tables carrées avec quatre couverts dans lesquelles, si on a le tort de choisir le mauvais côté (mais comment le savoir avant ?), on se cogne les genoux contre un barre horizontale, ce qui envoie valser la tasse pleine de café et le verre de jus d'orange en transformant la nappe jusque-là immaculée en surface de table d'opération d'hôpital de première ligne de la guerre 14-18&amp;nbsp;? Quel est, ou quels sont les crétins derrière tout ça et de quel droit ont-ils décidé de me pourrir mon petit-dèj' ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tout cela n'est pas bien grave, me direz-vous, mais ce l'est pour le chieur qui&amp;nbsp;: 1) remarque ce genre de choses, 2) se demande comment cela est possible et 3) ne comprend pas que l'on puisse accepter de telles stupidités sans broncher. Il faudrait que je songe sérieusement à établir une sorte d'encyclopédie des petites choses qui font enrager les chieurs. Vaste programme.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce matin on est parti au centre pour la protection du panda, quelques kilomètres à l'extérieur de la ville. Il est assez étonnant de traverser le centre d'une grande ville chinoise et de se dire que trente-cinq ans à peine séparent les gardes rouges et leur révolution culturelle des magasins Gucci, Cartier et Dior que l'on voit aujourd'hui.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Les pandas donc. Il y en a de deux espèces&amp;nbsp;: le géant, c'est-à-dire le noir et blanc que l'on connaît tous, et le rouge, bien plus petit, et qui appartient à la famille des ratons laveurs. La visite, comme d'habitude, se fait sous la houlette d'un guide officiel qui m'abreuve de renseignements aussi fondamentaux que les noms et dates de naissance des animaux que nous croisons. Je souris, j'avance, j'essaie de ne pas m'en faire. Je suis assez content de voir des pandas, même si les zoos, y compris quand ils s'appellent centre de ceci et de cela, sont loin d'être ma tasse de thé.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Lors d'une conversation dans les jours précédents, il a dû m'échapper que ce que j'aime dans les villes ce sont les vieux quartiers populaires. Voilà alors que l'on m'emmène maintenant dans un endroit &quot;typique&quot; &amp;#8212; ma mère dirait &lt;em&gt;caratteristico&lt;/em&gt; &amp;#8212;, ce qu'il faut traduire par totalement refait pour les touristes. À moi de m'efforcer de deviner quelque chose d'un peu vrai dans la pacotille. Non, j'exagère. En réalité les étals de nourritures sont assez amusants, notamment ceux de viande fumée, ou celui où l'on fait griller des petits oiseaux juste déplumés, dépattés et décapités.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Après un intéressant déjeuner à base de soupe d'un nombre invraisemblable de qualités de champignons, nous partons visiter la chaumière du grand poète Du Fu, dont j'ignorais l'existence et qui vécut sous la dynastie des Tang. C'est assez drôle&amp;nbsp;: si on demande l'époque historique d'un personnage ou d'un événement à un Chinois, il répondra invariablement &quot;époque Tang&quot;, ou &quot;époque Ming&quot;, ou autre époque. Il lui faudra ensuite un moment de calcul mental pour traduire cela en données compréhensibles pour l'Occidental. Les Chinois ont une perception de l'histoire tout aussi Sino-centrée que nous en avons une Méditerranéo-centrée, et pourquoi en irait-il autrement, d'ailleurs&amp;nbsp;?  Ça fait toujours du bien de constater la relativité de notre point de vue sur le monde.
Bref, notre brave Du Fu vivait à l'époque Tang (entre 618 et 907, comme je l'ai déjà rappelé l'autre jour) et plus précisément au huitième siècle. En ce qui concerne sa fameuse chaumière, le guide qui nous attend sur place me met tout de suite le c&amp;#339;ur en paix&amp;nbsp;: le plus connu des poèmes de Du Fu, dont le titre ressemble à &lt;em&gt;Ma chaumière a le toit arraché par des vents d'automne&lt;/em&gt;, raconte, justement, comment la chaumière en question fut détruite, tu l'as deviné, par des vents d'automne. Quid alors de la chaumière devant laquelle je me trouve&amp;nbsp;? Le fait qu'elle soit fausse comme une statistique gouvernementale n'émeut guère mon guide, qui m'invite à partager l'émotion de me trouver dans le lieu même où de si beaux poèmes furent écrits. Je lui fais remarquer que ce ne sont pas les lieux mêmes, que la chaumière de Du Fu a été détruite il y a douze siècles et demi et qu'on n'est même pas tout à fait certain de son emplacement d'origine. Il sourit.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je souris aussi. Mais il est vrai que le concept d'unicité d'un objet artistique ou, comme dans le cas présent, d'une demeure, est une chose purement occidentale. Aucun objet n'est unique, tout peut être reproduit à l'identique. Nulle part en Asie, ni en Afrique, je n'ai senti la préoccupation de l'objet unique, de l'&amp;#339;uvre d'art irremplaçable. Et il me semble déceler en ce détail une facette &amp;#8212; cause ou effet, je ne le sais pas &amp;#8212; des différences entre judéo-christianisme et reste du monde. N'est-ce pas uniquement dans le judéo-christianisme méditerranéen que l'Homme, l'être humain en tant que tel, est unique et irremplaçable&amp;nbsp;? Et n'est-ce pas de cette unicité de l'Homme qui découle aussi celle de l'unicité de ses oeuvres&amp;nbsp;? C'est comme si, obsédés par notre unicité, nous avions fini par en accorder autant aux &amp;#339;uvres de notre esprit. Les Chinois, au contraire, et beaucoup d'autres avec eux, nettement plus préoccupés par le destin du groupe que par celui de l'individu, ne voient rien de mal, encore moins de kitch, à vous présenter une reproduction. Ainsi, quand je fais remarquer à mon guide que ce n'est pas &quot;ici&quot; que Du Fu a écrit ses poèmes, car son &quot;ici&quot; a été emporté par la tempête, il cache sa gêne par un sourire énigmatique et me fait signe de le suivre vers le pavillon suivant, où il tient à me montrer une photo de la visite officielle de Jacques Chirac, qui &quot;aime tellement la culture chinoise qu'au lieu de rester ici les quarante minutes prévues il y est resté une heure vingt et ne voulait plus partir&quot;. Étonnant, non ?...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;À mon tour alors de sourire, tout aussi énigmatique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/CHINE 08/Chine18.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Viande séchée. Mmmmmh&lt;/strong&gt;...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/CHINE 08/Chine19.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Chez le poète Du Fu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Chengdu, 12 janvier</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.arc-en-terre.org/blog/index.php?2008/01/12/147-chengdu-12-janvier" />
  <issued>2008-01-12T23:57:03+00:00</issued>
  <modified>2008-01-12T23:57:03+00:00</modified>
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  <author><name>Massimo Schuster</name></author>
  <dc:subject>CHINE 2008</dc:subject>
  <summary>Masque antifumée à ma disposition dans la chambre d'hôtel, Chengdu

Hier soir, alors que j'écrivais ma petite page quotidienne à l'aéroport de Shanghai, j'étais loin de me douter que je n'aurai fini...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/CHINE 08/Chine14.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Masque antifumée à ma disposition dans la chambre d'hôtel, Chengdu&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hier soir, alors que j'écrivais ma petite page quotidienne à l'aéroport de Shanghai, j'étais loin de me douter que je n'aurai fini par décoller que plusieurs heures plus tard. D'ailleurs, j'avais prévu de terminer mon blog quotidien en arrivant à Chengdu, mais je ne pouvais pas prévoir que je n'y serais arrivé qu'à l'heure du petit-déjeuner.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Inutile de dire que j'ai passé la matinée au lit. Puis, déjeuner dans un restaurant qui donne sur une place où trône un monument aux baguettes (voir photo plus bas), qui est peut-être la version chinoise de certaines sculptures de Rauschenberg (mais je ne le crois pas&amp;#8230;).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Allez, c'est déjà parti pour le musée Jin Sha. Mais je tombe de sommeil. À plusieurs reprises j'ai l'impression que je vais m'endormir debout pendant que le guide enchaîne les mots sans que j'en comprenne le sens. Comme d'habitude, une grande partie des choses exposées ne sont que des reproductions, mais ça, je commence à en avoir l'habitude.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;De Jin Sha on file au musée du théâtre d'ombres, ce qui me permet un bon  petit roupillon d'un quart d'heure dans la voiture, un monospace Buick. On arrive dans une arrière cour. On monte un étage et nous voilà dans les locaux qui abritent provisoirement une petite partie de la collection d'ombres qui sera présentée dans le nouveau musée en construction place Tianfu, la plus centrale de la ville &amp;#8212; là où trône une statue du Chairman Mao, le bras levé, on ne sait si pour indiquer la direction du futur dans lequel on rasera gratis ou pour appeler un taxi.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;La collection complète du futur musée comprendra presque deux cent mille figurines et je dois dire que les quelques centaines visibles ici sont vraiment enthousiasmantes. Je ne m'attendais pas à tant de beauté et de variété de styles. Magnifique.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce qui ne m'empêche pas, une fois fait le tour, de retourner avec joie à l'hôtel piquer un autre roupillon.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;On dîne dans un autre restaurant, avec l'habituelle séquence d'une bonne vingtaine de plats que l'on fait tourner. Depuis que je suis en Chine je ne sais jamais si ce que je porte à la bouche va être chaud ou froid et je suis souvent surpris par du sucré là où je m'attendais à du salé. C'est assez amusant. Vu mon végétarianisme et vu que je suis l'hôte de marque, il y a une grande quantité de plats végétariens, mais à chaque repas je vois quand même passer de la viande, du poisson et de la volaille. Très peu de riz en revanche, au contraire de mes attentes. Une seule fois il nous a été servi à tous, deux fois c'est le chauffeur qui en a demandé. Deux remarques à ce sujet&amp;nbsp;: d'une part le chauffeur mange toujours avec nous, ce qui serait impensable dans une situation analogue en Europe&amp;nbsp;; d'autre part, il est visible ici comme ce l'était à Xi'An et à Shanghai, que les chauffeurs appartiennent à une classe sociale inférieure&amp;nbsp;: on le voit à leur habillement, à leurs rots d'après repas, à leurs crachats généreux par la vitre de la voiture et aussi, je crois, à ce petit détail du riz. Je crois que le riz reste la base de l'alimentation, surtout dans les foyer modestes. Mais c'est là le genre de chose dans laquelle on ne peut voir un peu plus clair qu'en passant un peu plus de temps sur place et en ayant l'opportunité de rencontrer des gens dans un cadre moins officiel.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Demain matin, RDV à neuf heures pour le parc des pandas géants. Oui, c'est une visite bien officielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;/blog/images/CHINE 08/Chine26.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Un monument aux baguettes (?)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/CHINE 08/Chine15.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Figurines de théâtre d'ombres&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/CHINE 08/Chine16.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Le Président Mao Ze Dong nous dit que tout va bien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Aéroport de Shanghai, 11 janvier</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.arc-en-terre.org/blog/index.php?2008/01/11/146-aeroport-de-shanghai-11-janvier" />
  <issued>2008-01-11T23:41:16+00:00</issued>
  <modified>2008-01-11T23:41:16+00:00</modified>
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  <author><name>Massimo Schuster</name></author>
  <dc:subject>CHINE 2008</dc:subject>
  <summary>Le portier de mon hôtel à Shanghai



N'ayant pas été seul je n'ai pas pu extérioriser mes sentiments profonds, mais quand le coup de fil est arrivé mon cœur a battu la chamade et dans mon for...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/CHINE 08/Chine12.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le portier de mon hôtel à Shanghai&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;N'ayant pas été seul je n'ai pas pu extérioriser mes sentiments profonds, mais quand le coup de fil est arrivé mon c&amp;#339;ur a battu la chamade et dans mon for intérieur j'ai dansé la danse frénétique de la Joie de la Valise Retrouvée. Bling, bling, blong&amp;nbsp;; oui, oui, oui&amp;nbsp;; ouf&amp;nbsp;! Ma valise est revenue et demain matin, à Chengdu, je pourrai enfin me mettre une de mes chemises propres à la place de celle que je porte en ce moment, violette, que l'on m'a offerte à mon arrivée à Shanghai. Pas qu'elle ne soit pas du plus bel effet, mais tout de même&amp;#8230; En plus je pourrai changer de pantalon. Byzance !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La matinée a été consacrée à voir des travaux d'étudiants, au théâtre d'abord, puis à l'Académie. Tout avait l'air, justement, très académique et nous en avons discuté assez librement autour du déjeuner avec M. He. C'est ainsi que la possibilité que je revienne pour un stage a surgi. Ça ne me déplairait pas du tout de passer quelque temps ici, j'ai l'impression que je pourrais y faire des bonnes photos.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour le moment je suis très frustré de ne pas avoir pu passer ne serait-ce que quelques moments tout seul, en dehors de ceux dans mes chambres d'hôtel. Frustré surtout de ne jamais pouvoir prendre les photos que je voudrais&amp;nbsp;: on ne peut pas photographier en compagnie. Et c'est d'autant plus dommage qu'il ne reste plus beaucoup de temps pour prendre certaines photos&amp;nbsp;: l'exposition universelle de 2009 doit se dérouler ici et il est fort probable que les quelques vieilles rues qui restent encore en témoignage d'une Chine non encore américanisée soient détruites d'ici-là, tout comme le sont en ce moment celles de Pékin en vue des Jeux Olympiques.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Oui, c'est un endroit où j'aimerais revenir. Chaotique, bien sûr, excessif, contrasté, mais à premier abord attachant aussi. En tout cas, ça ne me déplairait pas d'y travailler quelques semaines dans un futur proche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;/blog/images/CHINE 08/Chine13.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Scène de rue, Shanghai&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</content>
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<entry xml:lang="fr">
  <title>Nan Tong, puis Shanghai, 10 janvier</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.arc-en-terre.org/blog/index.php?2008/01/10/145-nan-tong-puis-shanghai-10-janvier" />
  <issued>2008-01-10T23:33:25+00:00</issued>
  <modified>2008-01-10T23:33:25+00:00</modified>
  <id>http://www.arc-en-terre.org/blog/index.php?2008/01/10/145-nan-tong-puis-shanghai-10-janvier</id>
  <author><name>Massimo Schuster</name></author>
  <dc:subject>CHINE 2008</dc:subject>
  <summary>Sur le Bund, à Shanghai



Bon. On est le dix janvier, pas loin de quatorze heures. On est parti très en retard de Xi'An pour Shanghai, mais on a atterri à Nan Tong. Il paraît qu'il fait mauvais sur...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/CHINE 08/Chine8.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Sur le Bund, à Shanghai&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Bon. On est le dix janvier, pas loin de quatorze heures. On est parti très en retard de Xi'An pour Shanghai, mais on a atterri à Nan Tong. Il paraît qu'il fait mauvais sur Shanghai. Alors on attend.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Au moment où l'avion s'est arrêté sur la piste, ça a été assez cocasse. Les hôtesses nous ayant annoncé que nous allions devoir attendre quelques minutes avant de descendre, des dizaines et des dizaines de portables se sont allumés en même temps et tout le monde s'est mis à appeler en parlant très fort. Je n'avais jamais entendu une telle cacophonie cellulaire, à faire pâlir d'envie tous les lycéens de France. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Puis, pendant que le temps se faisait long, les esprits ont commencé à s'échauffer. Il faut dire que la porte de l'avion était ouverte, l'escalier en place et que nous n'étions qu'à cent cinquante mètre de l'aérogare. Quelques agités voulant descendre à tout prix, on a été tout près du pugilat avec les stewards.
Bref, nous voici dans une petite aérogare de province, dans un endroit que je ne situe pas bien sur une carte, sans aucune information. Je pense à ma valise, qui devrait arriver aujourd'hui à Shanghai. Ah, ma valise !&amp;#8230;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Plus tard, à Shanghai, où l'on a fini par arriver.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;La première impression en arrivant dans le centre de Shanghai est d'être dans une autre mégalopole occidentale, bizarrement peuplée de Chinois. Mêmes gratte-ciels, mêmes voitures, mêmes publicités, mêmes enseignes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On dîne dans un très bon restaurant, comme d'habitude dans un salon privé. La cuisine est très différente, bien meilleure qu'à Xi'An. La conversation est différente aussi, beaucoup plus ouverte, à l'occidentale. Ma traductrice est très enrhumée et a l'air fiévreux, ce qui la rend encore plus perdue.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Notre hôte est M. He, &lt;em&gt;First degree director&lt;/em&gt; du Théâtre de Marionnettes de Shanghai. Il a presque l'air d'un businessman. Il nous a fait rapidement visiter ses nouveaux locaux, en grande partie encore en chantier&amp;nbsp;: bureaux, salles d'exposition, atelier de construction, petit studio de cinéma d'animation, deux salles de spectacle, le tout dans un immeuble en verre anonyme et flambant neuf. Tout cela ressemble nettement plus à des choses que j'ai vues aux Etats-Unis qu'en Europe.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Après l'excellent repas nous partons pour une petite promenade sur le Bund, la mythique avenue qui borde le fleuve Huangpu et qui était la vitrine de la concession internationale dans les années trente. La brume, mélange d'humidité et de pollution, cache non seulement l'autre rive, mais aussi les sommets de gratte-ciels de ce côté-ci. Sur la promenade, relevée par rapport à l'avenue, il y a de nombreux touristes, surtout Chinois, qui se prennent en photo les uns les autres sous les lampadaires avec leurs téléphones portables.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;J'avoue que je ressens une certaine émotion à me trouver ici. C'est le genre de situation dans laquelle je me sens à nouveau entièrement et profondément le gosse de banlieue que j'ai été. Je feuilletais l'atlas qu'on avait à la maison, je feuilletais l&lt;em&gt;'Eciclopedia dei ragazzi&lt;/em&gt; en douze volumes et je m'arrêtais sur des noms qui me faisaient rêver. Je ne cherchais pas vraiment à connaître les détails historiques ou géographiques. Je me laissais juste entraîner par la douceur des sonorités des noms et je faisais des rêves de mille et une nuit. Valparaiso, Lhassa, Alice Springs, Tegucigalpa, Toumbouctou, Amarillo, Saigon.  Depuis, plusieurs fois j'ai eu un pincement au c&amp;#339;ur en arrivant vraiment dans un de ces lieux. Ce soir aussi, marchant sur le Bund, je suis tout surpris, je me sens presque coupable d'effraction. C'est la même sensation qui m'a surpris lors de mon premier voyage à New York, au début des années soixante-dix, ou plus tard, à Ouagadougou, à Saint-Pétersbourg, à Bornéo, à Calcutta, à Malte, à Brasilia, dans un tas d'autres endroits. C'est une sensation délicieuse, un petit triomphe, une petite victoire sur la vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/CHINE 08/Chine9.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Marchand ambulant, sur le Bund&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/CHINE 08/Chine10.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Touristes sur le Bund&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/CHINE 08/Chine11.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Brouillard sur le Bund&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Xi'An, 9 janvier</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.arc-en-terre.org/blog/index.php?2008/01/09/144-xian-9-janvier" />
  <issued>2008-01-09T22:54:14+00:00</issued>
  <modified>2008-01-09T22:54:14+00:00</modified>
  <id>http://www.arc-en-terre.org/blog/index.php?2008/01/09/144-xian-9-janvier</id>
  <author><name>Massimo Schuster</name></author>
  <dc:subject>CHINE 2008</dc:subject>
  <summary>L'armée de terre cuite de l'empereur Qin Shi Huangdi



L'armée de terre cuite de l'empereur Qin Shi Huangdi est vraiment une des choses les plus stupéfiantes qu'il m'ait été donné de voir dans ma...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/CHINE 08/Chine3.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;L'armée de terre cuite de l'empereur Qin Shi Huangdi&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'armée de terre cuite de l'empereur Qin Shi Huangdi est vraiment une des choses les plus stupéfiantes qu'il m'ait été donné de voir dans ma vie. Il paraît qu(il y a six mille statues, toutes de taille humaine et toutes différentes l'une de l'autre. Mais peu importe leur nombre&amp;nbsp;: celles exposées dans la gigantesque &quot;fosse n° 1&quot; &amp;#8212; plusieurs centaines, peut-être quelques milliers &amp;#8212;, ont quelque chose de dérangeant tant dans le réalisme de leurs formes que dans leur quantité. Guerrier après guerrier après guerrier, elles ne sont pas que la représentation d'une armée, elles sont une armée, une véritable armée, figée, immobile, déployée à tout jamais. C'est comme un rêve d'enfant gâté devenu réalité, une insoutenable transgression. Un acte de folie, évidemment, mais qui va largement au-delà de la folie inhérente à tout pouvoir impérial.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce qui est stupéfiant ici est le mélange de cette beauté intrinsèque des formes et de la négation d'humanité implicite dans ce déploiement d'effigies. Une telle armée en terre cuite, tant d'hommes et de chevaux si réalistes, tout cela rend les vrais hommes, ceux en chair et en os qui ont servi de modèle, mais aussi tous les autres, vous, moi, tout aussi fragiles, mais surtout tout autant interchangeables, remplaçables, dociles, dépourvus de toute identité. C'est ça&amp;nbsp;: le fait que chaque guerrier ait un visage différent, que l'on se soit donné tant de mal pour façonner même les plus petits détails de chaque chevelure enlève toute humanité à ceux qui ont été les sujets de référence et nous en enlève à nous, aujourd'hui, des siècles après, nous qui regardons, ebahis, et qui en regardant nous voyons anéantis.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Cette humanité-là, que l'on retrouve, si saisissante, dans ces terres cuites, on a été la voler chez des vrais hommes, on nous l'a volé à nous. C'est la quintessence du pouvoir absolu&amp;nbsp;: JE suis l'empereur, J'existe et aucun de MES sujets n'a d'importance autre que celle que JE décide de lui accorder en effigie (effigie qui servira MA gloire).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Je regarde ces milliers d'hommes, fasciné, interloqué, pris d'excitation et d'horreur à la fois. La saison hivernale fait qu'il n'y a pas trop de touristes. L'heure matinale laisse pénétrer par les fenêtres latérales du hangar une lumière rasante très propice à la photo. Je m'en donne à c&amp;#339;ur joie. C'est magnifique, simplement magnifique et troublant.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On retourne à Xi'An pour le déjeuner. Restaurant avec petite salle privée, table ronde. Nous sommes sept, les plats se succèdent, une bonne quinzaine en tout. Une serveuse avec des nattes et des joues rouges qui la font ressembler furieusement à un personnage d'affiche de période maoïste place les plats sur la plate-forme tournante au centre de la table. Les plats tournent et chacun picore, à son goût et à son rythme. Tel plat à base de nouilles, me dit-on, était le préféré du Chairman Mao&amp;nbsp;; tel autre, du millet cuit avec des pruneaux, celui de sa femme, la redoutable Jiang Qing. C'est bon quand même. Tout est très bon, bien qu'à mon goût d'Occidental les saveurs soient peu franches. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La traductrice aux sinus bouchés est assise à ma droite. Elle passe son temps à consulter un carnet de notes dans lequel elle a marqué toute une série de mots et d'expressions. Quand elle a un problème plus sérieux elle sort un petit traducteur électronique.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La ville nage dans un brouillard plus que suspect. Le taux de pollution est extraordinaire. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Partout des enseignes lumineuses très criardes sont allumées. C'est ce qui frappe le plus, dans les conversations aussi, cette fascination pour le &quot;progrès&quot;, pour tout ce qui est &quot;moderne&quot;, toutes ces imbécillités que j'abhorre. Bientôt la Chine aura les villes les plus &quot;modernes&quot; du monde, elle sera le plus grand pollueur du monde, et combien de temps faudra-t-il ensuite pour réparer les dégâts&amp;nbsp;? Pas que tout se juge au degré de pollution,  mais il est surprenant de voir reproduits ici les pires travers par lesquels nous sommes passés en Occident et pour lesquels nous continuons à payer un prix si élevé. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Après une petite sieste, nous voilà partis pour le &lt;em&gt;Tang paradise&lt;/em&gt;, que mon &lt;em&gt;Lonely Planet&lt;/em&gt; décrit comme un &lt;em&gt;parc à thème de plus de 80 ha qui revisite sous l'angle récréatif la Chine de la dynastie Tang (618 à 907)&lt;/em&gt;. En fait ce sont des pavillons et des bâtiments divers, une petite chute d'eau, des ruisseaux, un lac, une pagode, des ponts, le tout en style Tang. Tout est faux comme un billet de trois euros naturellement, mais ce n'est pas le genre de chose qui gène les Chinois, qui sont en cela assez proches des États-Uniens. Nous tombons d'ailleurs sur un spectacle en plein air, sorte d'évocation historique jouée par une cinquantaine de danseurs, musiciens et acrobates habillés dans le plus pur style série B, le tout sur fond d'improbables musiques oscillant entre le rock années 70 et le sous-Jean-Michel Jarre. C'est particulier.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Puis nous partons pour le théâtre dirigé par M. Jun, où l'on me montre une petite série de numéros de marionnettes, de danse et de musique traditionnelle très bien faits.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Dîner dans un plus grand restaurant, toujours dans une salle privée. Nous sommes douze ce soir, l'alcool coule à flot dans des tout petits verres en céramique. Un des convives finit totalement bourré, tout le monde parle très fort, le volume sonore devient assourdissant, la nourriture est toujours aussi bonne et abondante, mon interprète de plus en plus larguée.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En sautant du coq à l'âne, ma valise n'est toujours pas là. Selon les dernières nouvelles elle devrait me rejoindre demain à Shanghai. Mais faut-il y croire ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Et en sautant de l'âne à un deuxième coq et sans me rappeler quel enchaînement mental m'a amené à ça au cours du petit-déjeuner, il me semble commencer à deviner que la Chine est beaucoup plus différente de l'Inde que l'idée reçue d'&quot;Extrême Orient&quot; ne le laisse penser parfois. On est ici dans le pays dont peut-être la principale contribution au monde a été, vers le dixième siècle, l'invention de l'état bureaucratique et centralisé. Cet état-là est une chose totalement rationnelle, qui exclut toute spiritualité et toute mystique en dehors de celles qui participent à son propre entretien et à sa propre autocélébration. De ce point de vue la Chine serait une espèce d'anti-Inde &amp;#8212; comme on parle d'anti-matière pour la matière. Ce serait aussi le réceptacle le plus naturel pour la rhétorique du &quot;progrès&quot;, tout aussi auto-célébrative par essence. D'autre part, les exigences de l'individu, tout aussi fortement subordonnées à celles du groupe ici qu'en Inde, seraient encore ultérieurement pulvérisées en Chine par le triomphe d'un capitalisme post-moderne qui fait de sa propre accélération constante et auto-dévorante à la fois sa mystique et sa nécessité. Exit l'homme donc&amp;nbsp;: non seulement celui des sacro-saints Droits de l'Homme que l'Occident continue à vouloir imposer au reste du monde à coup d'invasions, de paternalisme et de mauvaise foi, mais aussi celui que l'on pourrait croire éternel, le paysan, l'artisan, celui qui sait regarder les étoiles et écouter le chant des grenouilles, celui qui sait marcher à pied et boire au ruisseau. &lt;em&gt;Exit&lt;/em&gt; tout cela, fini, dépassé, pas moderne, beurk. Il est possible que ces halls impersonnels d'aéroport, comme à Xi'An, ou ces wagons de train ultra-moderne, comme à Hong Kong, où l'on se trouve entouré d'écrans qui crachent de la pub et des extraits de match de football du championnat d'Angleterre, soient  bel et bien une sorte d'image prophétique de ce que la Chine, bientôt hyper puissance économique, imposera au monde pour des générations.&lt;em&gt;&lt;/em&gt;
Ça oui, beurk. Sauf qu'on n'aura plus le droit de l'écrire, ni probablement de le penser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/CHINE 08/Chine4.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/CHINE 08/Chine5.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Xi'An, 8 janvier</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.arc-en-terre.org/blog/index.php?2008/01/08/143-xian-8-janvier" />
  <issued>2008-01-08T23:52:26+00:00</issued>
  <modified>2008-01-08T23:52:26+00:00</modified>
  <id>http://www.arc-en-terre.org/blog/index.php?2008/01/08/143-xian-8-janvier</id>
  <author><name>Massimo Schuster</name></author>
  <dc:subject>CHINE 2008</dc:subject>
  <summary>Vue aérienne de Hong Kong



La journée a mal commencé. À mon arrivée à l'aéroport de Hong Kong il n'y a personne pour m'attendre. C'est là que je me rends compte que j'ai été un peu léger dans...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/CHINE 08/Chine2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Vue aérienne de Hong Kong&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La journée a mal commencé. À mon arrivée à l'aéroport de Hong Kong il n'y a personne pour m'attendre. C'est là que je me rends compte que j'ai été un peu léger dans l'organisation du voyage, je n'ai même pas un numéro de téléphone sur moi. Je sors mon ordi, je profite de la connexion gratuite de l'aéroport, j'envoie un mail. Au bout d'un quart d'heure la réponse arrive. Il paraît qu'on m'avait oublié. Voilà qui redimensionne de suite l'importance du président de l'UNIMA&amp;#8230; Sic transit gloria mundi.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Maintenant me voilà dans l'atelier de Simon Wong, près de la station de métro de Lai King. J'avais fait la connaissance de Simon à Rijeka, en Croatie, lors de notre dernier congrès. On avait mangé ensemble, il m'avait parlé un peu de la situation des marionnettes et de l'UNIMA en Chine.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Son atelier est dans un quartier populaire, avec des HLM terriblement hauts et serrés les uns contre les autres. Un est peint en blanc et violet. Dans le petit bout de rue entre la station de métro et l'atelier je suis surpris de croiser plusieurs Indiens.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les locaux de Simon sont plutôt exigus, comme il est normal à Hong Kong, et un certain capharnaüm semble y régner.
On part déjeuner avec toute la troupe dans un restaurant non loin de là. La commande est rapide, mais les plats ne cessent ensuite de se succéder dans un tourbillon déconcertant.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;De retour à l'atelier je m'effondre dans un fauteuil, vaincu par les sept heures de décalage horaire, et je dors jusqu'au moment de repartir pour l'aéroport, où je dois attraper un vol pour Xi'An. Puis je dors dans l'avion aussi. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;À Xi'An je suis accueilli par Madame Tang, vice-présidente d'UNIMA-Chine, dont j'avais fait la connaissance en Espagne il y a un peu plus d'un an. Informée de l'absence de ma valise, elle me tend tout de suite une veste de sport hivernale. Il fait bien plus froid ici qu'à Hong Kong et ma petite veste en coton serait dérisoire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;À l'hôtel je fais la connaissance de M. Li, président d'UNIMA-Chine et Assistant Inspector (Senior Official), dixit sa carte de visite, du Ministère de la Culture. Avec lui il y a aussi M. Jun, président de l'association des acrobates de la province de Shaanxi &amp;#8212; dont Xi'An est la capitale &amp;#8212;, un gros fumeur aux dents jaunies. Nous passons une bonne heure à discuter aimablement autour de thé et de café, à l'aide d'une interprète très jeune, très nerveuse et, me semble-t-il, souffrant de sinusite. Le vrai motif de ma visite finit par apparaître&amp;nbsp;: il s'agira de rencontrer le maire de Chengdu (capitale du Setchouan, treize millions d'habitants, plus que toute la région parisienne) pour le convaincre qu'un bon congrès de l'UNIMA est exactement ce dont sa ville a besoin. Je sens qu'on va s'amuser.&lt;/p&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Dans l'avion, 7 janvier</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.arc-en-terre.org/blog/index.php?2008/01/07/142-dans-lavion-7-janvier" />
  <issued>2008-01-07T23:43:25+00:00</issued>
  <modified>2008-01-07T23:43:25+00:00</modified>
  <id>http://www.arc-en-terre.org/blog/index.php?2008/01/07/142-dans-lavion-7-janvier</id>
  <author><name>Massimo Schuster</name></author>
  <dc:subject>CHINE 2008</dc:subject>
  <summary>Aéroport de Marseille Marignane


Je suis en Chine.


Ou du moins quelque part au-dessus de la Chine. Quatre heures encore et j'atterrirai à Hong Kong.


La Chine n'a jamais été un de mes grands...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/CHINE 08/Chine1.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Aéroport de Marseille Marignane&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je suis en Chine.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ou du moins quelque part au-dessus de la Chine. Quatre heures encore et j'atterrirai à Hong Kong.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La Chine n'a jamais été un de mes grands rêves, toujours loin derrière l'Inde et les pays du Sud-Est asiatique, mais je savais qu'un jour ou l'autre l'occasion se présenterait (ce qui, dans mon langage personnel, signifie qu'un jour ou l'autre l'on m'y aurait invité).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;C'est dans mon rôle de président de l'UNIMA que je vais en Chine. Pour quoi faire, ce n'est pas très clair, je l'avoue.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une semaine en Chine, ce n'est pas très raisonnable. Que vais-je pouvoir voir en une semaine&amp;nbsp;? En plus, je ne suis même pas sûr de mon itinéraire&amp;nbsp;: le dernier mail, reçu il y a une semaine, semblait indiquer que ce qui avait été prévu il y a un mois avait changé. Alors, presque par jeu, je suis parti sans connaître ma destination. On verra bien. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour le moment la seule chose dont je suis sûr est que ma valise ne sera pas à l'arrivée. Apparemment l'escale à Amsterdam était trop courte. Je risque fort de passer ma première journée à m'acheter des sous-vêtements.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il y a un peu plus d'une heure, en pleine nuit, on survolait le Kazakhstan et à un certain moment, au nord-ouest d'Almaty, le spectacle a été grandiose. Oh, rien de bien exceptionnel, juste une ville de dimensions modestes toutes lumières allumées. Mais la légère couche de nuages qui flottait au-dessus de la ville rendaient les lumières comme ouatées. C'était du coton éclairé par l'intérieur, ou une masse de marshmallows luminescents. Et comme la ville devait se trouver dans un coin rocheux à la surface irrégulière, la forme générale de la chose était étrangement tortueuse, avec des couloirs qui reliaient entre elles des larges étendues aux limites très nettes. Fascinant.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et en regardant par le hublot en ce moment, pendant que j'écris ces lignes, voici un autre spectacle étrange, celui d'une unique lumière &amp;#8212; on dirait une bougie &amp;#8212; au milieu des ténèbres. À en juger par ici, ce pourrait être un puits de pétrole en flammes (souvenir d'images vues à la télé après la déroute de l'armée de Saddam Hussein au Koweit), mais qui sait ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'aimerais bien être en bas, quelque part dans le nord du Tibet, avancer lentement en bus vers Lhassa, voir le Potala, ça oui, j'aimerais.
Mais je dois bien admettre que je suis tout aussi excité à l'idée de me perdre dans les rues de Hong Kong&amp;#8230;&lt;/p&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>1er octobre, Marseille</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.arc-en-terre.org/blog/index.php?2007/10/02/141-1er-octobre-marseille" />
  <issued>2007-10-02T11:42:47+00:00</issued>
  <modified>2007-10-02T11:42:47+00:00</modified>
  <id>http://www.arc-en-terre.org/blog/index.php?2007/10/02/141-1er-octobre-marseille</id>
  <author><name>Massimo Schuster</name></author>
  <dc:subject>BRAZZAVILLE 2007</dc:subject>
  <summary>Un Bantou de la Capitale

Tous les retours sont dépaysants. D'autant plus quand l'on revient chez soi, car si chez soi n'a pas changé, nos yeux ont changé. Marcher sur l'asphalte marseillais et...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/CONGO 2007/L1100209.gif&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Un Bantou de la Capitale&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous les retours sont dépaysants. D'autant plus quand l'on revient chez soi, car si chez soi n'a pas changé, nos yeux ont changé. Marcher sur l'asphalte marseillais et sentir déjà le manque du sable de Brazzaville. Côtoyer des gens sans odeur et sans saveur, des gens qui disparaissent derrière des étiquettes. Dans le brouillard qui suit une nuit blanche en avion, savourer les quelques heures, les quelques instants peut-être, où l'on peut regarder ce que l'on connaît le mieux comme si on ne l'avait jamais vu. &lt;br /&gt;
Pas de bilan et pas de regret. Surtout pas de nostalgie, je n'aime pas la nostalgie. &lt;br /&gt;
Je suis chez moi, une peu plus riche qu'avant, un peu plus heureux. Avec autant d'envie de repartir dès que ce sera possible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;/blog/images/CONGO 2007/L1090933.gif&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Enfant au coucher du soleil&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;/blog/images/CONGO 2007/L1080361.gif&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Une sapeuse à La Main Bleue&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;/blog/images/CONGO 2007/L1070902.gif&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Jeunes musiciens au Centre Culturel Sony Labou Tansi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</content>
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  <title>30 septembre, dernier jour</title>
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  <issued>2007-10-01T12:28:52+00:00</issued>
  <modified>2007-10-01T12:28:52+00:00</modified>
  <id>http://www.arc-en-terre.org/blog/index.php?2007/10/01/140-30-septembre-dernier-jour</id>
  <author><name>Massimo Schuster</name></author>
  <dc:subject>BRAZZAVILLE 2007</dc:subject>
  <summary>Près des cataractes

Dernier jour en ville. Hier on est parti en voiture à plusieurs : il y avait Francis, le gérant de la cafétéria du CCF, qui conduisait, avec Emma, une jeune amie...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/blog/images/CONGO 2007/L1100246.gif&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Près des cataractes&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dernier jour en ville. Hier on est parti en voiture à plusieurs&amp;nbsp;: il y avait Francis, le gérant de la cafétéria du CCF, qui conduisait, avec Emma, une jeune amie congolaise&amp;nbsp;; il y avait le nouvel administrateur avec sa femme guadeloupéenne, Bernard et moi. Je ne connais Bernard que depuis trois jours, mais c'est déjà une de ces belles amitiés, souvent sans futur, c'est vrai, qui se nouent parfois en très peu de temps loin de chez soi.&lt;br /&gt;
Après une visite au sculpteur sur bois du rond-point Bifouiti, nous sommes partis aux cataractes, lieux que Bernard et moi étions les seuls à connaître. On s'est embourbé lamentablement et on n'a pu s'en sortir que grâce à l'aide de cinq Congolais.&lt;br /&gt;
Aux cataractes le spectacle est encore plus grandiose qu'aux rapides, le courant boueux encore plus furieux entre les îles et les bancs de sable, le bruit encore plus assourdissant.&lt;br /&gt;
Après-midi pluvieux. C'était en quelque sorte le début officiel de la saison des pluies. J'ai passé encore quelques heures à l'ordi à travailler les dernières photos, puis j'ai regardé un film indien en DVD, Nishabd, avec Amithab Bachchan. C'est un bon produit de Bollywood, sans chansonnettes ni danses, mais avec beaucoup de larmes masculines. Ça m'a toujours frappé de constater à quel point les acteurs indiens passent la moitié du temps à l'écran les yeux mouillés.&lt;br /&gt;
Le ciel est encore couvert. Lundi, le CCF est fermé. Il ne me reste qu'à attendre l'avion de ce soir en espérant que le temps passera vite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;/blog/images/CONGO 2007/L1100254.gif&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Sieste aux cataractes&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;/blog/images/CONGO 2007/L1090162.gif&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Un enfant aux rapides&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;/blog/images/CONGO 2007/L1090165.gif&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Portail du restaurant aux rapides&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</content>
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